Paperblog : Les meilleures actualités issues des blogs Et pour quelques truites de plus. Ben's blog.

This is my heaven

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mardi 19 janvier 2016

Charité populaire

       Je vais vous parler, non pas de l'arme de demain, mais de ce que donnent deux journées quand Lenka ne nous accompagne pas. Non pas que nous soyons manchots ou pas suffisamment dégourdis pour pouvoir nous débrouiller seuls à la pêche. Mais Matt et moi, depuis le temps qu'on se connait, savons par expérience que quand on se retrouve uniquement tous les deux pour aller pêcher peut conduire à des journées de grand n'importe quoi. Pour la première, un samedi matin à première vue comme les autres tout commença très bien. Une courte nuit à l'hôtel de la déroute et un départ sans pression vers 8h. Première fois que je conduis avec une remorque. Pas bien différent de d'habitude en fait, à part les marches arrières qui deviendront une véritable bête noire.

       On met à l'eau le bateau sur un lac d'huile. Au petit matin, nous n'avions pas trouvé la fille du père Noël mais 3 float tube déjà sur l'eau. Nous analyserons de façon rapide que ces 3 jeunes gens pêchent de façon on ne peut plus décontractée, entre frères, sans pression aucune. De bien gentils gamins qui me rappellent mes plus jeunes années. Je ne sais pas si vous avez déjà ressenti ce sentiment à la pêche : se revoir une dizaine d'années en arrière ? J'en étais presque nostalgique. Heureusement, Matt et son implacable lucidité étaient là pour rappeler que c'était pas le moment de rêvasser et qu'on avait des poissons à trouver. Ce fut chose faite rapidement, tous les échos étaient très concentrés. On pêche dedans sans succès et décide d'aller explorer un peu, pas du côté de chez Swann mais sur plusieurs 100ènes de mètres au large.  Les résultats ne sont pas bien concluants : quelques touches par-ci par là mais aucune ne sera concrétisée. Ah si, quelques perchettes dans des chasses en linéaire mais pas de quoi casser 3 pattes à un canard. On décide d'arrêter de nous éparpiller et de pêcher en verticale aux abords des écos toujours présents en nombre aux points les plus profonds. Il ne faudra pas longtemps à Matt pour prendre une grosse perche aux couleurs fastueuses.

Un super chouette poisson qui nous évite de nous retrouver dans le canap' à boire des bières avant l'heure
      Nous rencontrerons un autre float-tubeur arrivé un peu plus tard, très sympa avec qui nous échangerons les infos recueillies qui s'avèrent concorder à ses impressions de ces dernières semaines. Les poissons sont rassemblés et une seule zone est productive. Nous ferons découvrir à notre compagnon de galère (ouais, on s'est pas courbaturé les triceps avec les ferrages) le principe des marqueurs de postes. Apparemment, ça lui a beaucoup plus. Principe très simple : un gros lest, une 30ène de mètres de cordelette et un gros morceau de plastique permettant le déroulement de la corde lorsque le lest descend. À tel point que Matt lui a lancé : "Si vous le remontez il est à vous". Excès de générosité ou flemme de le remonter lui même ? Nous ne saurons jamais tan je doute de sa bonne foi dans ce genre de situations.
    Je me mets à y croire et après deux arrachages de canne au sens littéral sur des frappes incisives et inferrables j'opte pour le montage "gangster" de Matt avec un triple voleur. Ni une, ni deux, dans la dérive qui suivie, nouvelle frappe violente et cette fois-ci c'est pendu ! Je croirais à la grosse perche mais ...
Fausse alerte
     Rebelote sur une dérive parallèle un peu plus proche de la berge. Petit bonjour à notre copain du jour qui refusa de rejoindre ses frères pour manger le midi. Le plus jeune et surement celui qui en veut le plus du lot. Il ira loin ce jeune. Si et seulement si il arrête dans les semaines qui arrivent de dandiner son spinnerbait dans 15m d'eau bien entendu.

Et merde... le début d'une malédiction ?
     Le reste de cette journée sera relativement calme, quelques touches manquées, mais à part la très belle perche, pas de quoi rendre Lenka folle de jalousie. Quoi que, la pauvre, elle a passé la journée enfermée  au taf. Ce sera Ronald des familles sur la route du retour avec la satisfaction d'avoir trouvé des poissons sur un lac difficile, en dépit d'une concurrence qu'il serait prétentieux de qualifier de rude, mais concurrence quand même. Matt se paye le luxe de remanger des paupiettes 1h après en arrivant à la maison. Ne pas manger de la journée déclenche chez lui des crises d'appétit incontrôlables. Je passe mon tour pour ce soir.

     Le lendemain, nous sommes à nouveau tous les deux. Pêche du bord/sac à dos uniquement. Le vent annoncé correspond aux prévisions, la pêche en bateau n'était pas envisageable. Repos du guerrier pour Stara et préparation du repas de Noël pour le soir au programme. On était avec elle par la pensée. La mâtiné sera calme, du linéaire dans le vent. L'impression atroce de mal pêcher, vous connaissez ? Moi oui. 4h durant j'ai eut cette horrible sensation. On a deux options : changer de lac ou rejoindre le canap'. On convient d'un deal, si le lac le plus proche est à moins de 30min de voiture, on va y faire un tour. Bingo : 21 minutes. On bosse notre mental à fond sur ce genre de journées en nous persuadant que ça va finir par payer. On essaye de pêcher des postes profonds après un parcours du combattant autour du lac pour y accéder. Champs à champignons, terre argileuse humide qui colle aux semelles sur 10cm d'épaisseur, on est pas bien là ? On pêche un peu léger dans des zones profondes donc. Matt enregistre quelques touches avec un leurre qu'il perdra quelques lancers après. J'essaye des trucs au hasard. Les allers-retours vers les sacs à dos entreposés 100m plus loin se multiplient pour se ravitailler en têtes plombées. La consommation journalière suffirait à provoquer le saturnisme à un régiment de légionnaires. Je me fais arrêter en remontant le long de la cassure. Pas sur du tout je ferre un peu par instin et après un bref laps de temps je laisse échapper un : "Ah, mais c'est un poisson en fait !". Et c'est plutôt joli, je croirais une fois de plus à la grosse perche. Manqué. C'est vraiment une malédiction qui se poursuit.
Rassurez vous, ça vaudra jamais à mes yeux une truite de 25 à la robe typique.
      Matt essaye des trucs et tombe sur ce qui semble déclencher plus de touches. Une tête plombée très légère pour pêcher moins profond en planant dans les cailloux. Et ça marche plutôt bien, il rentre coups sur coups une belle perche et un brochet maillé. Suivi d'une coupe sur un poisson plus solide. 
Vous croyez qu'après 30 ans il penchera la tête à droite ? 

Bon, la journée fut fort plaisante malgré tout.

       On terminera sur ça, il nous reste à rassembler la dizaine de leurres éparpillée par terre, refaire le chemin en sens inverse et rentrer à la maison, à l'heure pour le repas. Un premier problème surviendra, un quiproquo diplomatique d'école au téléphone  qui nous encouragera à forcer le pas. Puis un second, celui de l'appel du Ronald à la sortie de l'autoroute. Car oui, il y a le repas de Noël amoureusement préparé par Lenka qui nous attend à la maison. Ce sera un McFirst pour Matt qui la jouera soft et un maxi best of pour moi, j'avais très faim. On prendra l'option logique de ne rien dire et de re-manger en rentrant. Le plus dur sera de garder son sérieux en disant : "putain, j'ai la dalle, on va se régaler ce soir, en plus, on a pas mangé de la journée !". Du coup, on se force à évacuer nos larmes de rire dans la voiture 5 minutes avant d'arriver. J'arrive à me contenir et même à tenter de faire craquer Matt qui reste stoïque. Je cale sur le dessert et Matt avouera notre infidélité dans une crise de rire générale.

      La pêche sans prise de tête c'est tout ce que j'aime, rien ne fait plus plaisir que passer ce genre de journées durant lesquelles il est impossible de prévoir ce qu'il va se passer. La suite des aventures bohémiennes rapidement !

A plus, Benji


mercredi 6 janvier 2016

Comme un punk en hiver.

      J'ai craqué. Il n'aura pas fallu trop longtemps. Juste quelques minutes au téléphone avec Matt suffiront à me convaincre de les accompagner sur le bateau pêcher le sandre. Et pourtant, j'avais juré fidélité aux truites. La tentation est liée à l'activité des poissons ces dernières semaines due très certainement au prolongement des conditions automnales ainsi, qu'à ma perception très subjective de la fidélité qui, m'ont entraîné dans cette spirale infernale de la pêche en verticale. J'en avais un avis irréfutable et sans demi mesure du style : "c'est d'la merde".

     Jamais de ma vie j'aurais cru dire ça, mais je trouve que cette pêche nécessite de sa casser la tête au moins autant que pour celle de la truite. L'éternelle question de "comment faire pour en prendre plus et des plus gros?" se pose sans cesse. Et parfois, les réflexions payent.

     J'essaye de me donner bonne conscience en cette période de fermeture, plier un peu de carbone au final, ça peut pas faire de mal. Surtout en si bonne compagnie.

      Tout commence donc un jeudi matin,quelques semaine auparavant, à la suite d'une soirée "repas Gastronomique&Bricolage devant un 53 minutes sur Seasons". J'étais sensé n'avoir qu'un cours d'anglais de 15h30 à 17h30 mais un timide "Benji, t'as cas venir avec nous" de Lenka suffira à m'y faire renoncer. Polo chargée à bloc, on se faufile entre fagots de cannes, boîtes de leurres et autres poches McDonald, c'est parti ! Mise à l'eau sans encombre et ballade en dilettante au moteur électrique avant d'arriver sur leur zone fétiche. Les premières touches se font rapidement ressentir et de façon régulière tout au long de la journée. La pêche se fait dans 12m.
Matt débloque rapidement son compteur 

Suivi de près par sa belle 
       Pas facile de retrouver des automatismes perdus depuis bien longtemps. Je pédalerai pas mal dans la choucroute avant de réussir à concrétiser mes touches. Mais ça finit quand même par rentrer. Le plus dur c'est vraiment d'arriver à bien rester près du fond ET à l'aplomb le plus possible du bateau. Bien que parfois, laisser traîner son shad à 20m du bateau peut s'avérer payant. Et c'est pas Lenka qui vous dira le contraire.
On fait des doublés et comme d'hab le pins est pour moi mais je m'en contente

Le Maître s'envole, pas le mètre. Vous avez dit pour l'instant ?
      Dans l'ensemble les poissons touchés sont pas gros, mais ils permettent de garder un peu de mental pour tenir toute l'après midi. Et il faut pas se le cacher, même justement maillés, les sandres font plaisir.

Lenka recolle au score pendant que je cherche la manivelle de semi automatique sur le moulinet casting
      Jusqu'au moment où, las de prendre des petits poissons, Matt a décidé d'employer les grands moyens. Changement de secteur, nous évoluerons vers des zones un peu plus profondes, plus fournies en échos. Il opte pour un gros Finess : un Ripple Minnow (ne me demandez pas la taille et le coloris, j'y pompe rien à tout ça, mais il était rose). Par contre, j'ai très bien compris en voyant monter en surface ce qu'il annonçait comme un "-putain- de silure juste métré" que c'était certainement un des poissons de sa vie. Et ça se lisait dans ses yeux (et dans les notre parce que le sentiment général à bord à la vue du monstre fut l'ébahissement, la stupéfaction et la joie dans son plus simple appareil). Ça c'est le bon côté, le mauvais c'est que le poisson suite à la décompression a relargué son estomac (d'une taille stupéfiante et aux proportions un peu... suspectes). Lors de l'épuisetage, il a refermé violemment ses mâchoires sur son organe vital ce qui l'a en quelque sorte condamné. L'humeur a tourné à un mélange d'amertume et de bonheur sur le pont. Une sorte de plaisir frustrant. Le même que celui d'un pêcheur à la mouche qui voit sa plus belle truite repartir sur le dos sans jamais arriver à la remettre à l'endroit.

Ah beh ouais, en fait il était pas loin le mètre. Juste là, sous nos pieds.

Vaine xième tentative, malheureusement il ne repartira pas.
      Suite à cet épisode qui remet un peu les idées en place mais qui laisse à la foi rêveur, il faut s'y remettre, il reste une bonne heure de pêche. J'arrive enfin à débloquer le compteur sandre maillé après une série de bébés qui me vaudront un surnom peu appréciable que je vous laisse le soin de deviner.
Aaaaaaah, j'ai enfin trouvé !

       La journée se termine sur un dernier poisson pour Lenka, sur une dérive dite "au vent pour rentrer" en arrivant sur un marqueur de poste, c'est beau. Un Ronald salvateur pour pas non plus changer toutes les traditions d'un coup. Je suis pas très fier d'avoir craqué mais je dois reconnaître que c'est très riche de réflexions et de découvertes. Prêt à remettre ça et à en prendre d'avantage pour les fois suivantes, parce que oui, il y en aura d'autres (rassurez vous, pas au point d'y aller entre Mars et Septembre, ça, c'est interdit).
J'ai froid la nuit comme un Punk en hiver WaWaWaouuuuu
            Je vous épargne les fumisteries et autres discours de vœux totalement hypocrites et vous donne rendez vous très rapidement pour les sorties qui ont suivi avec la dose de rock'n roll habituelle, je vous le garanti.

      A+ Benji

lundi 7 décembre 2015

Mettez un titre à cet article

      Bonjour à tous, ça faisait depuis la fin de l'été que j'avais pas pris la peine d'écrire et je suis déjà en panne d'inspiration pour un titre. Pas facile de trouver une accroche qui ait un lien avec cet article. Du coup, je vous propose de choisir vous même, dans votre tête le titre qui aurait été le plus adapté et de faire comme si c'était celui que j'avais choisi.

      Le retour dans les Pyrénées aura été difficile pour la fin du mois d'Août. Septembre, reprise des cours, pas trop de temps libre et un moral en berne seront des adversaires de taille pour mon temps de pêche. Quelques poissons cependant mais rien d'extra-ordinaire. Du coup, j'ai tout l'hiver pour monter des mouches, bouquiner, passer mes dimanches dans le canap' à réfléchir à des futurs sujets d'articles.
Pour m'aider dans ma quête, j'ai décidé d'accueillir Simon.

      Pour faire court, il fut l'un de ceux qui m'ont donné ce goût prononcé pour la pêche de la truite dans mes années d'adolescence. A l'époque il était encore étudiant, portait une visière blanche un peu sale, des petites lunettes rondes, larges comme des culots de bouteille et ses cheveux longs et hirsutes lui donnaient une allure qui peut surprendre au premier abord. Son argument principal fut qu'il s'agissait d'un filtre extrêmement efficace contre les filles imbues et superficielles. Les années passent et ne se ressemblent pas, ça fait maintenant 7 ans qu'on se côtoie  et on arrive toujours à faire des trucs différents, idiots et plus dépourvus de sens les uns que les autres mais toujours dans la joie, la bonne humeur et le rock'n roll.

     Pionnier de la pêche en lacs de montagne, il détient le record du plus grand nombre de techniques différentes pratiquées à plus de 2500m d'altitude. Anciennement pigistes dans divers revues halieutiques, amateur de thématiques polémiques comme d'explications techniques concrètes, il mérite largement sa place sur ces pages ! Co-auteur d'une oeuvre qualifiée de biblique par ses pairs et ancien grand compétiteur de pêche aux appâts naturels.

     Je trouve l'idée de le laisser s'exprimer ici vraiment chouette, ça permettra de meubler un peu mais aussi d'apporter une vision et une plume un peu différente et plus élaborée que la mienne. J'imagine que son premier article est pour bientôt, bon courage à tous les réfractaires de la pêche aux carnassiers, et aux autres aussi, je compatis.
Prise avec une tête orange archaïque certes, mais efficace !
 J'ai choisi une photo qui décrit le mieux mon compère : bouche entre-ouverte et la visage stoïque :
 J'avais oublié de mentionner la polaire verte de grand standing, elle aussi très archaïque.

Votre fidèle serviteur vous salue !
A+ Benji

   

jeudi 6 août 2015

La Truite et le Lion

     Je ne possède pas la prose de La Fontaine donc ne pourrai malheureusement pas écrire de fable à ce sujet, ce qui je l'avoue m'a un peu traversé l'esprit. Il n'est pas dans mes habitudes de m'intéresser à l'actualité quand je suis en vacances, or cette histoire m'a inspiré. Pour tout vous dire, je l'ai découverte grâce à un commentaire on ne peut moins pertinent sur une photo d'une amie sur Facebook. Un malotru a quand même osé lui dire qu'elle ne devrait pas poser en photo avec une truite suite à cette affaire de lion. J'ai trouvé ça d'abord drôle, puis sacrément idiot quand 1) j'ai notifié que la photo date du 9 juin et 2) qu'en plus il était sérieux. De plus, la photo en question représente un poisson vivant qui a été remis à l'eau. On peut pas en dire autant du lion, ce qui est un autre débat.

     Je me demande jusqu'où est capable d'aller cette mentalité intégriste, qui apparemment ne s'applique pas qu'à la pêche vu le scandale que fait cette histoire de safari. Les journalistes se défoulent, de la même manière que des hyènes sur une carcasse de gazelle. N'y a t-il pas plus grave à l'heure actuelle qu'un lion "mascotte" abattu à l'arc par un riche américain (plutôt couillu) en manque de sensations fortes ? Quand les grosse truites issues de la pisciculture de Soueich sont tuées par dizaines le jour de l'ouverture dans la Garonne, personne ne s'indigne, il s'agit pourtant des mascottes du Comminges.

Vais-je être lapidé sur la place publique pour avoir posé cette truite sur les pierres le temps d'une photo ?

N'ayez craintes écolos ou intégristes, elle est vivante et repartie dans son élément !
      Il semblerait que pour des milliers de personnes la Terre s'est arrêtée de tourner le jour où, la bête fut abattue. Cet intellectuel aurait pu se contenter de le ramener chez lui discrètement et d'en faire un tapis... Mais non, les gens ont cet éternel besoin de reconnaissance qui finit toujours par leur nuire. Cruel manque de discernement pour le coup. Maintenant il se retrouve "Most Wanted" et ne va pas tarder à faire son apparition sur la fameuse liste du FBI aux côtés des plus grands terroristes et autres tueurs en série.

      Pendant ce temps, au Zimbabwe, des millions de personnes meurent de faim, et les dirigeants politiques du pays (si on peut appeler ça comme ça) font la chasse à l'homme. C'est l'arroseur arrosé. Le chasseur chassé. Le monde de la pêche aujourd'hui est un peu comparable à cette affaire. En effet, la moindre truite morte postée sur un forum ou les réseaux sociaux et le pauvre type se voit subir son propre procès en direct dans le fil de commentaires. J'espère que les pseudo-écolos ne me tomberont pas dessus si je garde quelques truites pour les savourer en famille.

     Je crois que le pire de tout dans cette affaire, ce sont les américains qui manifestent en l'honneur de ce lion. Le New York Times a posté une photo de manifestants brandissant une pancarte " I AM CECIL" (le nom du fameux lion). Comment peut on comparer la mort d'un lion avec celle de plus de 10 personnes dans un attentat terroriste ? Ils sont fous ces ricains...
Ce saumon de fontaine a été inculpé pour s'être nourri abusivement de trichoptères témoignant de la bonne qualité écologique du cours d'eau, procès à suivre lundi prochain.


     Vivement un coup du soir endiablé suivi d'un bon plat de truites propice à réflexions,pour se dire qu'au bout du compte, il y a beaucoup plus grave dans le monde à l'heure actuelle !


A +
Benji

dimanche 2 août 2015

Ignita, Oh Chiquita !

       De retour en France après une semaine de dépaysement total à l'espagnole. C'est à bord de mon bolide que nous quittons Briançon avec Simon, direction le piémont Pyrénéen pour faire une étape à l'hôtel de la déroute chez Matt&Lenka. Ce qui ne devait être qu'une étape nocturne se transforma en 1 jour et 2 nuits de glandouille dans le si célèbre canap' rouge vif qui orne le salon. A noter que Matt nous a sorti une phrase mythique alors que nous discutions tranquillement sur la terrasse, à 3h de son réveil, que j'ai noté dans le "carnet de sortie" de mon cerveau :  " Pfffff, nous, même au chub' on douille". Une aprem' de pêche quand même, sur l'Ariège, avec pour but de repérer et pêcher à vue quelques beaux poissons, écourtée par la teinte chocolat de l'eau. Pas de bol, ça commence mal.

     L'étape chez Matt&Lenka nous aura quand même fait du bien, ne serait ce que le peu de temps passé en leur -bonne- compagnie. On aura pu monter quelques mouches supplémentaire qui, grâce aux conseils avisés de Matt, s'avéreront cruciales !  Nous voilà sur la route de l'Espagne et de ses truites splendides. Cependant, la raison principale de notre périple n'était pas la pêche, dur à croire j'imagine mais véridique ! Nous allions à la base assister à un concert de Mark Knopfler au fin fond de l'Aragon. Concert sympa, il faut reconnaître qu'il est plus trop en canne le Marko. Et même si la version de "Sultan of Swing" n'était pas la meilleure qu'il eut fait, c'est toujours super plaisant de voir ce genre de type à l'humilité débordante.


      Après 2 jours à zoner dans le festival roots, à manger des sandocs/frittes bon marché et boire des bières à outrance, nous sommes enfin en route pour notre premier coup du soir ! On connait pas du tout le bassin versant choisi, ce sera donc de l'exploration pure et dure. Le parcours du soir sera un parcours no-kill en plein centre ville. On y a repéré des beaux poissons attablés et ça nous motive à insister pour en faire croquer une ou deux. La luminosité au bord de l'eau est déplorable, on y voit pas à 3m, notre stratégie est donc simple : l'un pêche et l'autre fait office de guide 10m en surplomb. Le coup est un grand pool suivi d'un large plat assez maigre. Les poissons sont tous alignés entre la fin et la tête du plat. Simon reste au dessus du muret et je descends attaquer le premier poisson. C'est gros, on l'estime à 50. La truite se nourrit sous l'eau, j'attaque donc en nymphe, sans voir le poisson et guidé par Simon. J'y ai passé le 3/4 de ma boîte sans susciter la moindre réaction. Mes lacunes dans ce domaine sont vraiment grandes et je suis très motivé pour progresser. Le destin semble être de mon côté puisque ce même poisson est monté pour gober un insecte dans la pellicule. Le gobage était très discret mais on l'a bien vu tous les deux. Un regard complice de Simon suffit à me faire comprendre que c'est le moment de passer en sèche et que ce poisson est vraiment prenable. Étrangement sans la moindre pression, je rallonge ma pointe et change de mouche. J'opte pour une oreille de lièvre que j'humidifie afin de la faire passer dans la pellicule. Le poisson l'ignore totalement malgré 2 bons passages. Je re-change de mouche et opte pour un modèle de Matt : la dry ANR MV31. J'en ai monté une série lors de notre passage. Il s'agit en fait d'une imitation d'ignita on ne peut plus simple mais dont la recette sera tenue secrète. Il aura suffit d'un bon passage pour entendre Simon dire : " Elle monte !! " et distinguer un micro gobage sur ma mouche. Elle est piquée et c'est parti pour le combat. Elle prend tout de suite les rapides et me force à descendre sur une centaine de mètres. Simon assure l'épuisettage dans les règles de l'art. Et c'est sous la clameur de la foule locale que je laisse échapper un grand cri de joie/soulagement.
Voilà de quoi bien commencer le séjour !!
       On s'assoie sur les blocs le temps d'une clope et les rôles sont inversés. Simon attaque en nymphe et j'ai beaucoup de mal a voir où tombe sa mouche lors des posés à cause du vent qui s'est levé. Il fait croquer un poisson rapidement mais j'ai pas été assez réactif et il le manque. Quelques minutes plus tard, rebelote et cette fois il ouvre son compteur avec un poisson correct.

      Je le rejoins dans l'eau, les poissons se sont mis à gober. On prend quelques riquettes chacun en sèche. J'aperçois un poisson qui mange en surface dans très peu d'eau sur ma bordure. Je monte un sedge que je vois bien et commence mon approche. Cette truite est dans une retourne, je pose la soie sur les graviers qui configurent le poste et ma mouche vient se déposer délicatement en surface. Quelques secondes d'attente plus tard, ma mouche se fait happer. Ferrage, cassé ...

     Un autre poisson viendra manger dans cette retourne quelques minutes plus tard et Simon se chargera de la prendre sans problème.
Notez le cadre exceptionnel :  parcours syndicat d'initiative en centre ville avec des truites sur-pêchées mais splendides tout de même.
     Il fait nuit noire et il est temps pour nous de trouver un hôtel pour un repos bien mérité. Une longue journée nous attend le lendemain ! 
     On décide d'attaquer sur le parcours de la veille histoire de se mettre en jambe, puis d'aller explorer quelques kilomètres en amont et en aval de ce dernier. Simon prend rapidement un poisson correct à vue, je me contente du poste de surveillance, perché sur les remparts. L'exploration n'aura pas été très prolifique, peu de touches en pêchant au fil, aucun poisson repéré. On note une grosse concentration dans le fameux parcours du centre ville et décide d'y revenir pour la fin d'aprem et le coup du soir. J'attaque un gros poisson en nymphe, Simon est derrière mais cette fois ci je la vois relativement bien et après quelques minutes, c'est bien ma nymphe qu'elle a croqué. Ferrage dans le vide. On y a cru... Elle prendra une deuxième fois, et je serai gratifié d'un nouveau ferrage à blanc. Y'a beaucoup de boulot dans ce domaine mais comme je l'ai dis plus haut, c'est vraiment stimulent cette pêche ! 
Ouverture des hostilités, avec les tapas du ptit dej' en cours de digestion.

     Simon attaquera à son tour ce poisson après l'avoir laissé reposé un peu, et il la manquera lui aussi, avec des nymphes dont lui seul détient le secret ! On est vraiment pas bons, les ratés s’enchaînent et pour couronner le tout, notre coup du soir sur le plat sera gâché par deux baigneuses qui, sans gêne, feront des traversées de la rivière 20m en amont. Le restau du soir nous remonte le moral.


     Deuxième journée de pêche, on décide de prendre un peu de hauteur, en montant sur la tête de bassin. Des paysages à couper le souffle, la différence avec le côté français est époustouflante ! Ma voiture sera mise à rude épreuve dans les chemins caillouteux et on s'en sortira sans encombre.
On est pas bien là ? 


Profil plat, même maigre ça pêche grave ! 

Petite zébrée espagnole 

Petite sieste dans le champs espagnol, rien de tel pour se ressourcer.
     On aura pris quelques poissons mais ça mégotte beaucoup là haut, on reprend la route, pour changer de rivière et essayer de trouver un poste pour le coup du soir. Chose faite rapidement, on attend les gobages assis sur la berge et ces derniers n'arriveront que la nuit tombant. Par contre c'est un festival, ça gobe partout et Simon me met une bonne branlée. Je suis complètement passé à coté ! Par contre niveau tofs, il a beaucoup moins assuré.

Tof de coups du soir façon Scodavolpe, le feu ! 
     Voilà de quoi nous mettre en confiance pour la dernière journée du séjour ! Et cette dernière ne pouvait pas démarrer sans un petit déjeuné d'exception.

Ptit dej' diététique comme on aime !
       On explore la rivière dénichée la veille et le profil nous satisfait amplement :

      Il en est de même pour la qualité visuelle de ses habitantes.
Poisson sublime pour Simon avec une cuivre volée dans ma boîte.



   
Blue Winged Olive, la mouche du séjour.

Le résultat d'une semaine de débauche
      Cette dernière journée se soldera par pas mal de poisson, une pêche à vue dans les grands coups profonds, super ludique et intéressant. De beaux sujets ont été attaqués, pendant longtemps parfois. Un cruel manque de réussite et des timings de ferrage en mousse nous empêcheront de concrétiser. J'arriverai tout de même à en tenir une qui ne fera qu'une bouchée de ma cuivre avant de filer sous les branches. Le bridage était obligatoire, malheureusement le Stroft 12 n'a pas tenu.

      La même bordure que la veille sera choisie pour le coup du soir, un choix logique bien que pas très osé. Qu'importe on est là pour se régaler et ce sera chose faite une foi que le soleil fut couché et que les premières mouches ont éclos.

Croquage d'ignita une fois la nuit tombée.

La dernière du séjour, faut avouer que c'est dur de reprendre la route après ça !

    

      Pour conclure ce petit road trip en terres hispaniques, on ce sera quand même bien régalé autant halieutiquement parlant que gastronomiquement ! Simon me gratifiera d'une démonstration de main de maître en terme de drague d'autochtones sélectives. Cela déclencha un incident diplomatique d'ampleur inestimable dans la relation d'amitié de ces dames. Je n'ai pas eut autant de réussite quand, en wad' en plein centre ville, à la recherche pressante de tabac, j'ai osé attaqué l'équivalent d'une 50+. La belle déclina ma requête d'échange de numéro, ça doit être mon accent. Le chemin du retour fut long et difficile, heureusement que ma clef USB est garnie de pépites du bon vieux rock'n roll ! 

A +
Benji