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This is my heaven

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dimanche 10 mai 2015

¡Ay Carança !

     C'est avec les jambes encore très courbaturées que j'entame ce nouveau récit. Je suis rentré tard dans la nuit d'un road trip Pyrénéen plein de poissons et de paysages splendides. Encore une virée en terres catalane, l'odeur des pinèdes au bord des torrents montagneux m'avait manquée. Cette fois je me suis un peu plus organisé mais ça m'a quand même pas empêché de passer une nuit dans la bagnole, je suis parti jeudi en fin d'après midi, j'ai acheté beaucoup de vers et de quoi survivre le temps d'un long week end.

     2h de pêche le jeudi soir me suffiront à rentrer 10 poissons maillés sur un cours d'eau que j'avais pêché le week end dernier et qui n'avait pas été fantastique. Les poissons ne sont pas tous jolis en robe mais certains sortent du lot quand même :

C'est un peu Rio de Janeiro en période de Carnaval les robes là bas mais y'a quand même des trucs pas trop moches.


Dans un cadre toujours aussi agréable.


     Ensuite, à la nuit tombé, je suis allé dormir sur le parking du départ de la rando des gorges de la Carança. Un circuit touristique avec une boucle d'1h30, des ponts suspendus et des passerelles en bord de falaise. Mais ce n'est pas ce qui m'intéresse, au delà des gorges, après une longue marche (4h30 annoncé depuis le parking) et 1000m de dénivelé positif, se trouve un petit refuge : le refuge du Ras. Première rando de la saison, on commence fort pour se mettre en jambe. La Carança y coule paisiblement, ou pas vu le débit en ce moment, mais elle y passe bel et bien et il s'agit d'un coin assez réputé pour ses truites méditerranéennes splendides !

     Mon périple commence donc le vendredi matin, 5 réveils entre 6h et 6h10 pour assurer le levé et ne pas partir trop tard, un café et quelques barres céréales et je m'engage, sac chargé à bloc, dans une première 1/2 heure de monté assez rude. Je me retrouve sur une corniche qui surplombe la rivière d'une 100ène de mètres, tout simplement splendide ! Un grand plat, très très très très long s'en suit. C'est là que commencent les nombreuses passerelles, échelles et autres ponts suspendus le long de la rivière. En effet, le chemin change de berge tous les 500m à cause de l'inaccessibilité des gorges par endroits et le meilleur moyen de traverser reste les ponts. Très ludique malgré que ce soit un peu bancale, on s'y habitue et ça en devient presque plaisant. Pas le temps de s'amuser, les truites sont là haut et j'essaye de pas perdre trop de temps. Une fois sorti des gorges, le sentier traverse un sous bois, très agréable au petit matin, je croise même une flopée d'isards. le refuge est situé au coeur d'une vallée, j'y arrive sur les coups de 10h30 après 3h30 de périple. J'avoue être plutôt content de mon rythme soutenu tout au long de la monté, mais j'ai quand même quelques crampes et bonnes courbatures en arrivant en haut. Je décide de monter ma tente et mon campement et de manger un morceau avant de commencer à pêcher. 3 pêcheurs sont déjà en place, ils ont l'air d'avoir passé la nuit au refuge, non gardé à cette période.

Simon, celle là elle est pour toi :)

La Corniche au petit matin

Les gorges

Fameuse passerelle

Un truc à faire une fois dans sa vie quand même !

ça pousse un peu en fait...

     J'ai commencé par pêcher l'aval du refuge, en remontant. Pas mal de poissons pris, des robes vraiment belles et une taille moyenne très correcte pour les 1800m d'altitude ! Le ciel se voile et devient menaçant, je retourne à mon campement avant l'orage. C'était annoncé et c'est peut être ce qui fait que pas grand monde n'a pris le risque de monter ce matin. Pluie, vent, grêle même. Il ne durera que 2h et ça me laisse 4 bonnes heures de pêche avant nuit. Et quelle pêche ! Des poissons attablés, agressifs et bien mordeurs. Beaucoup de touche, avec un bon taux de réussite, super conditions malgré le débit très fort du torrent. Je sélectionne les coups de ligne comme mes maîtres me l'ont enseigné et ça paye : les poissons sont près des caches et des les grandes veines laminaires. Le peu de postes pêchables sont très prolifiques. Je me régale et sur les coups de 20h je me décide à faire un feu pour me réchauffer et préparer le repas. Un menu classique du randonneur : truite-lentille. Ce qui permet de changer un peu du classique "truite-semoule façon Olivier Plasseraud".


Enfin, le refuge du Ras !!
                     

Superbe ligne latérale !


La Carança bordée par ses pinèdes qui donnent ce doux parfum si agréable...


Le  plus beau poisson du séjour.






Avant l'orage


Repas des grands soirs !



Dur dur le retour


      Après une nuit difficile (très froide, la tente n'a pas séchée...) je suis réveillé aux premières lueurs du jour. Je rallume mon feu pour me réchauffer et boire mon café tranquillement et j'attaquerai la pêche. Deux heures de pêche pour un poisson seulement, l'eau étant froide avec la fonte, les poissons ne s'alimente qu'à partir du milieu de journée lorsque les températures sont un peu plus élevées. Je plie donc mon campement et prend tranquillement la route du retour. Je croise les gardes fédéraux dans la descente, pas de bol, mal carte est restée dans mes waders, dans le coffre de la bagnole. Je suis donc sensé envoyer un mail lundi matin avec la preuve que j'ai bien ma carte de pêche. Bon, j'étais pas en action de pêche lors du contrôle donc franchement, je pense que je risquais rien mais j'ai joué la carte de l'honnêteté et j'ai pas cherché de problèmes. Etant moi même en stage dans une Fédé...

     Beaucoup de touristes remontent les gorges, ça se prend en photos sur les ponts suspendus, ça piaille et hurle dans tous les sens... C'était beaucoup plus calme et agréable en haut. Ce retour est vraiment pénible, entre les pères de familles, qui montent à midi avec leurs gosses, des basket au pieds et les espagnols qui balancent des gros bloc dans la rivières depuis les ponts quand tu fais preuve d'un peu de courtoisie en décidant de les laisser passer... J'arrive pas à comprendre comment ça se passe dans le cerveau d'une personne dite "normale" qui choisit de partir en rando au moment où il fait le plus chaud, avec des gamins parfois en bas âge ?! Sans dec' il est où l'intérêt ? Faudra qu'on m'explique un jour, mais franchement y'a de quoi les écœurer les mômes !

     Bref après cette petite parenthèse, j'arrive sur le parking vers midi. Le temps de manger un sandoc' pris au snack bar attrape touriste. Je recommande fortement une discussion avec la gérante, ça permet de se sentir vraiment très intelligent. J'en dis pas plus, ce sera la surprise pour ceux qui se risqueront à y aller... Hahahahaha


     Sur ce, je me décide à aller faire 2 rivières pour l'aprem' + coup du soir avant de rentrer à la maison. L'idée de prendre une bonne douche et de dormir dans un lit me fait quand même sacrément envie. Mais je me déconcentre pas. Première rivière, niveau très très bas, incroyable, EDF a fermé les vannes et le débit est le même qu'en plein mois de juillet alors qu'on est en pleine période de fonte... Merci l'hydroélectricité pour ces variations de débit en l'espace d'une semaine, qui font passer d'un débit classique fonte des neiges à celui d'étiage du mois de juillet... ça, ça fait clairement pas rêver !
Les poissons me captent à 100m, je m'assoies dans l'herbe, allume une clope et passe un coup de fil à Simon pour me remonter le moral. L'idée qu'il aille pêcher le pike me redonne le sourire. Le pauvre... Je vais donc m'achever pour le coup du soir sur la même rivière que jeudi, même parcours et encore une fois très bon. Il faut pêcher lourd dans les veine avec le plus grand couple vitesse/profondeur. Les poissons s'enfilent comme des perles. Et là, une chose qui ne m'était encore jamais arrivée à la pêche : un autre garde fédéral qui me contrôle ! Que les mauvaises langues qui se plaignent qu'ils ne font pas leur boulot se taisent. On discute un peu, cette fois j'avais ma carte sur moi et il va pouvoir témoigner de ma bonne foi auprès de ses collègues. Très sympa pour le coup, si il passe par là c'était vraiment sympa d'échanger au bord de cette rivière où la densité de poisson est quand même incroyable ! Je prendrai quelques tofs en vitesse et pas de tous les poissons mais je me suis quand même sacrément régalé.







     Voilà de quoi bien terminer le séjour. Encore une fois, même si il est a 615 bornes, je suis contraint d'avouer que les plans de Simon sont très bons, étrangement beaucoup moins foireux que quand il était ici (bisous poulet). Moral au beau fixe, des images plein la tête, il est temps de rentrer et de s'arrêter sur la route pour un Ronald bien mérité ! Après une vaine tentative à 23h04 dans un premier qui fermait à 23h00 je trouverai mon bonheur à Pamiers, Drive jusqu'à 1h le vendredi et samedi, y'a du monde mais quand on est servit, ça va de suite mieux !

     Aujourd'hui il a fait beau mais j'ai préféré me reposer, lire les conneries des mecs qui pensent tout savoir de la pêche à la truite sur Facebook (y'en a beaucoup mais y'en a quand même un qui sort du lot), ça m'a vraiment tordu de rire. Les batteries sont rechargées à bloc pour le week end prochain, bien que cette nuit j'ai eut encore un peu d'acide lactique dans les jambes.
L'auteur, votre aimable serviteur.


     A+ Benji